
Témoignages · Lecture 7 min · Publié le 8 juillet 2026
Témoignage rénovation globale : de F à C dans l'Oise.
Témoignage rénovation globale : Martine et Gérard racontent la métamorphose de leur maison de 1972 dans l'Oise, passée de F à C après neuf mois de parcours.
Une maison de 1972 classée F : le point de départ du témoignage.
Martine et Gérard ont acheté leur pavillon de 1972, près de Compiègne, il y a plus de trente ans. Murs en parpaings jamais isolés, combles sommairement traités, chaudière fioul en fin de vie et menuiseries d'origine : le diagnostic de performance énergétique, réalisé en vue d'une éventuelle transmission aux enfants, tombe comme un couperet. Classe F.
« On savait que la maison était froide, mais voir la lettre F noir sur blanc, cela a été un déclic », se souvient Gérard. Selon l'ADEME, dans une maison non isolée de cette époque, la toiture peut représenter 25 à 30 % des déperditions, les murs 20 à 25 % et le renouvellement d'air autant. Leur logement cochait toutes les cases.
L'hiver, certaines pièces plafonnaient à 17 °C malgré un chauffage poussé ; l'été, l'étage devenait difficilement vivable dès les premières chaleurs. C'est ce double inconfort, autant que les factures, qui a motivé le projet.
L'audit énergétique, déclencheur de la rénovation globale.
Premier réflexe du couple : remplacer simplement la chaudière. L'audit énergétique, facturé le plus souvent entre 800 et 1 500 € pour une maison, a changé la perspective. « L'auditeur nous a montré qu'installer une pompe à chaleur dans une passoire, c'était chauffer les oiseaux », résume Martine.
L'audit a hiérarchisé les scénarios : isoler d'abord l'enveloppe, puis traiter le chauffage et la ventilation, enfin remplacer les menuiseries les plus vétustes. C'est le principe même de la rénovation globale, l'approche généralement recommandée pour viser un gain de plusieurs classes de DPE en une seule opération.
Le parcours accompagné de MaPrimeRénov', réservé aux logements classés E, F ou G, impose d'ailleurs ce sérieux : rendez-vous France Rénov' préalable, audit, gain d'au moins deux classes, au moins deux gestes d'isolation et suivi par Mon Accompagnateur Rénov'. Un cadre exigeant que le couple décrit, avec le recul, comme « rassurant ».
Neuf mois de parcours, un seul interlocuteur pour tout coordonner.
Entre le premier rendez-vous et la réception du chantier, il s'est écoulé un peu moins de neuf mois : audit au printemps, montage du dossier d'aides pendant l'été — la demande doit impérativement être déposée avant le début des travaux —, puis un chantier d'environ quatre mois à l'automne.
C'est sur la coordination que le couple insiste le plus. Façadiers, plaquistes, chauffagistes, menuisiers : cinq corps de métier se sont succédé selon un ordre précis, l'isolation devant par exemple être arrêtée avant le dimensionnement définitif de la pompe à chaleur. « Nous n'avons eu qu'un seul numéro de téléphone du début à la fin. C'est ce qui nous a évité de devenir chefs de chantier malgré nous », sourit Gérard.
Chez Ciel Eco, qui a piloté l'opération, un conducteur de travaux unique suit chaque rénovation d'ampleur, des démarches administratives à la levée des réserves. Les équipes sont certifiées RGE, condition indispensable pour bénéficier des aides publiques.
Les travaux réalisés : isolation, pompe à chaleur, ventilation.
Le bouquet de travaux retenu couvrait l'essentiel de l'enveloppe et des équipements. À titre de repère, voici les fourchettes de prix constatées en 2026 pour ce type de postes, fourniture et pose comprises :
- Isolation thermique des murs par l'extérieur (ITE) sous enduit : de 120 à 190 €/m², jusqu'à 280 €/m² en bardage ;
- Isolation des combles perdus par soufflage : de 20 à 50 €/m² ;
- Pompe à chaleur air-eau en remplacement du fioul : entre 9 000 et 19 500 € posée selon la configuration ;
- VMC double flux : de 3 500 à 8 000 € en rénovation ;
- Fenêtres double vitrage PVC : de 400 à 1 000 € par fenêtre posée.
La cuve à fioul a été déposée et neutralisée dans la foulée. « Voir partir la cuve, cela a été très symbolique », confie Martine. Chaque poste respectait les exigences techniques des aides, notamment les résistances thermiques minimales (R ≥ 7 en combles perdus, R ≥ 3,7 pour les murs).
Budget de la rénovation globale : fourchettes et aides mobilisées.
Le couple préfère parler en ordres de grandeur : « Les devis varient tellement d'une maison à l'autre que donner un chiffre au centime n'aurait aucun sens. » Pour leur pavillon d'environ 110 m², l'enveloppe globale s'est établie entre 55 000 et 70 000 € TTC, TVA à 5,5 % incluse sur la quasi-totalité des postes.
Les aides ont absorbé une part substantielle de la facture. En 2026, la rénovation d'ampleur de MaPrimeRénov' finance de 10 à 80 % des travaux selon les revenus, sur une assiette plafonnée à 40 000 € HT lorsque le gain atteint au moins trois classes de DPE. Selon les profils, l'aide résultante s'échelonne d'environ 3 000 à 32 000 € ; pour un foyer aux revenus modestes comme le leur, elle a représenté entre 20 000 et 24 000 €, accompagnement partiellement pris en charge en sus.
Le reste à charge a été lissé grâce à un éco-prêt à taux zéro. Un point de vigilance toutefois : les barèmes évoluent régulièrement par arrêté et les versements peuvent prendre plusieurs semaines à plusieurs mois. Mieux vaut prévoir une trésorerie de transition.
Trois classes de DPE gagnées, un confort d'hiver et d'été retrouvé.
Le nouveau diagnostic, réalisé après la réception, affiche la classe C. Trois classes gagnées : le seuil qui ouvrait l'assiette de travaux la plus favorable du parcours accompagné.
Mais pour Martine et Gérard, le résultat se mesure d'abord au quotidien. « Le premier hiver, nous avons découvert une maison où toutes les pièces sont à la même température. Cela paraît banal ; pour nous, c'était inédit », raconte Martine. Fini les 17 °C dans les chambres et le plancher glacé du séjour.
Les premières chaleurs de l'été 2026 ont apporté la seconde surprise : l'isolation par l'extérieur et les combles rechargés ralentissent nettement l'entrée de la chaleur, et l'étage reste vivable sans climatisation. Les factures d'énergie, elles, ont sensiblement baissé dès la première saison de chauffe — le couple préfère attendre une année complète avant d'avancer un pourcentage.
La valeur du bien et leurs conseils à ceux qui hésitent.
La question patrimoniale a pesé dans la décision : la maison est destinée, à terme, à leurs enfants. Sans avancer de chiffre, le couple constate que les biens énergivores se négocient plus difficilement dans l'Oise, quand une étiquette C rassure acquéreurs et banques. « Nous n'avons pas fait cela pour vendre, mais nous savons que la maison a changé de catégorie », note Gérard.
À ceux qui hésitent, ils livrent trois conseils, dans l'ordre :
- commencer par un audit énergétique sérieux plutôt que par un devis d'équipement ;
- vérifier la certification RGE de l'entreprise et déposer la demande d'aides avant tout début de travaux ;
- se méfier du démarchage téléphonique, encore très actif sur la rénovation énergétique.
« Une rénovation globale, ce sont des mois d'engagement. Bien entouré, cela reste un chantier ; mal entouré, cela devient une épreuve », conclut Martine.
Questions fréquentes.
Quel budget prévoir pour une rénovation globale d'une maison des années 1970 ?
Tout dépend de la surface et du bouquet de travaux. Pour une opération complète comparable à ce témoignage (ITE, combles, pompe à chaleur, VMC, menuiseries), les budgets constatés se situent le plus souvent entre 50 000 et 75 000 € TTC avant déduction des aides. Un audit énergétique, facturé entre 800 et 1 500 €, permet d'affiner le chiffrage.
Quelles aides pour une rénovation d'ampleur en 2026 ?
MaPrimeRénov' parcours accompagné finance 80 % (revenus très modestes), 60 % (modestes), 45 % (intermédiaires) ou 10 % (supérieurs) des travaux, sur une assiette plafonnée à 30 000 € HT pour un gain de deux classes de DPE et 40 000 € HT à partir de trois classes. S'y ajoutent la TVA à 5,5 % et l'éco-PTZ. Entreprise RGE et Mon Accompagnateur Rénov' sont obligatoires.
Combien de classes de DPE peut-on gagner avec une rénovation globale ?
Le parcours accompagné exige un gain d'au moins deux classes et il est réservé aux logements classés E, F ou G. En combinant isolation de l'enveloppe, changement de chauffage et ventilation, un gain de trois classes ou plus est possible : c'est le cas de la maison de ce témoignage, passée de F à C. L'audit énergétique fixe l'objectif atteignable.
Combien de temps dure une rénovation d'ampleur, du projet à la réception ?
Comptez le plus souvent de six à douze mois au total : quelques semaines pour l'audit, deux à quatre mois pour le montage et l'instruction du dossier d'aides — la demande doit précéder le début des travaux —, puis deux à cinq mois de chantier selon le bouquet retenu. Le dispositif laisse ensuite jusqu'à trois ans pour réaliser les travaux.



